Michelle Obama parle d'excellence quand NVB promeut le saupoudrage

Cette semaine, le Point.fr propose un article de Sophie Coignard sur la philosophie du saupoudrage à l'oeuvre dans les nouvelles dispositions pour le collège :


Le Point - 11/06/2015


Voici le début de l'article :

À Chicago, Michelle Obama appelle les élèves d’origine modeste au dépassement de soi. Najat Vallaud-Belkacem préfère le "saupoudrage" d'activités au collège.
À Chicago ce mardi 9 juin, Michelle Obama s’adresse aux élèves d’un établissement scolaire situé dans les quartiers sud de la ville, défavorisés, pour ne pas dire discriminés. Le message qu’elle livre dans son discours est celui du dépassement de soi, de l’exigence et de l’excellence. La première dame sait de quoi elle parle, elle est née et a grandi là : « Je sais combien la plupart d’entre vous doivent lutter au quotidien, dit-elle. Je sais que vous devez revenir de l’école en essayant d’éviter les gangs. Combien vous devez vous concentrer pour faire vos devoirs alors qu’il y a trop de bruit à la maison. Comment vous devez vous accrocher quand vos familles ont du mal à joindre les deux bouts… »
Michelle Obama a vécu tout cela. Excellente élève, elle est repérée très jeune pour intégrer un collège éloigné du pavillon familial, mais réputé pour accueillir les jeunes les plus prometteurs de la ville que leurs familles n’ont pas les moyens d’inscrire dans une école privée. C’est ainsi, en visant toujours plus haut, qu’elle parvient, tout comme son frère aîné, à intégrer Princeton, l’une des plus prestigieuses universités au monde.
Son collège, celui qui lui a permis de réussir malgré les longs trajets journaliers, était une sorte d’externat d’excellence, comme il a existé, en France, des internats d’excellence destinés aux élèves boursiers. Mais le ministère de l’Éducation nationale a décidé de les rebaptiser en 2013 « internats de la réussite pour tous », comme si l’excellence était un mot grossier.
Michelle Obama, elle, n’a pas peur de ce genre de termes puisqu’elle invite ses jeunes interlocuteurs au dépassement de soi et leur conseille de manière explicite de viser toujours plus haut. 
Il sera toujours temps d’apprendre plus tard ? 
Najat Vallaud-Belkacem, dans le même temps, fait, quant à elle, l’éloge du « saupoudrage » au collège. Oui, du saupoudrage ! Un peu de civilisation ancienne, un zeste d’éducation citoyenne, un soupçon de développement durable ou encore un rien de découverte du monde économique et professionnel. Voilà ce que proposent les nouveaux enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) qui empiéteront sur le temps d’apprentissage des savoirs fondamentaux, ceux-là mêmes qui peuvent donner à chacun l’occasion de se surpasser. 
Saupoudrage, c’est le terme exact qu’a employé la ministre lors de son audition au Sénat, début juin : « C’est à nous de donner aux enfants le goût du travail et celui du mérite, en les initiant par exemple au latin et au grec. Et quand bien même ce ne serait que saupoudrage, il sera toujours temps d’approfondir et d’aller plus loin au lycée ou à l’université. » 
Ces propos ont fait bondir plusieurs associations de professeurs (1) : « La suppression aveugle de nombreux horaires disciplinaires au profit de dispositifs hasardeux et inégalitaires ne peut manquer de creuser les écarts entre établissements et élèves, et de compromettre définitivement la formation exigeante que l’on doit aux collégiens », assurent-elles dans un communiqué commun. On ne saurait mieux dire…
 (1) AFPLA-CPL, APLAES, APLettres, CNARELA, SEL, SLL.

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