Les nouvelles licences arrivent ! Priorité aux indécis chroniques


La mise en oeuvre de la spécialisation progressive en licence a débuté ! Place aux indécis qui ne sauront toujours pas vers quels domaines se diriger pour obtenir une licence disciplinaire. Il faudra une ou deux années pour se déterminer, alors qu'un cursus de licence comporte 3 années après le BAC : la L1 (licence première année), la L2 et la L3.

Pour les sciences, tout cela se traduit par :
  1. Une section S dite « scientifique » où l'on étudie de tout, et surtout plus de matières non scientifiques que scientifiques. Les élèves, d'un niveau très disparate, sont épuisés de tant de cours et tant de présence... sans jamais se spécialiser où que ce soit. 
  2. Ce n'est pas grave, on s'arrange pour donner le BAC à 90% des candidats : il suffit de jouer sur les coefficients, les options non scientifiques, l'harmonisation des notes, les pressions sur les correcteurs pour augmenter leurs notes, l'autorisation de passer les épreuves écrites avec des calculatrices qui ne sont que des bibliothèques ambulantes de pdf contenant tous les livres de cours nécessaire à répondre à des questions de cours que l'on pose de plus en plus, et j'en passe... 
  3. Celui qui voudra malgré tout suivre des études scientifiques devra se contenter de cours édulcorés en L1 pour attendre l'énorme masse des bacheliers qui s'inscrivent à la fac pour bénéficier de la sécurité sociale et se permettre de déconnecter quelques années. Ce sont les indécis, parmi lesquels beaucoup continueront à rester indécis toute leur vie ! Les programmes des licences scientifiques seront maintenant basés sur eux. En licence, l'objectif primordial est maintenant de faire choisir les INDECIS !
  4. Dans le patchwork des enseignements découpés en petits tronçons, aux détours des heures de méthodologie pour apprendre des généralités sur la recherche documentaire (à l'heure de Google), dans des années réglées en semestres où les examens s'égrènent quatre fois (pour deux semestres et deux sessions) avec l'obligation d'arrêter tous les cours des dizaines de jours avant les examens (voire les partiels), celui qui obtiendra sa licence (ou ses deux licences du même coup comme on le verra dans les textes qui suivent : une licence est si peu de chose, qu'on pourrait en obtenir deux ou trois, après tout, et en zappant un peu plus, après tout...) de mathématiques aura tellement de lacunes à combler que l'on s'effraie pour lui.
  5. A l'arrivée, et pour devenir professeur dans le secondaire, pas d'inquiétude ! On continuera à affirmer qu'un licencié de mathématiques a déjà suivi toute la formation requise au niveau de sa discipline et peut maintenant laisser de côté tout travail disciplinaire pour passer seulement des épreuves professionnelles à l'issu de son master MEEF. Il pourra enseigner à nos enfants.

Et les étudiants dans tout ça ? Ils triment, s'accrochent, passent des examens très diversifiés sans jamais arrêter, et subissent le contrecoup de ce zapping effréné.

Voici les quatre pages de la circulaire d'application :





Commentaires

  1. "l'autorisation de passer les épreuves écrites avec des calculatrices qui ne sont que des bibliothèques ambulantes de pdf contenant tous les livres de cours" => justement, ce sera bientôt interdit. Plus exactement les calcus "évolué" devront avoir un mode examen qui devra être activé (signifiant au passage que tout ceux qui ont acheté une calcu évolué auront du mal à la revendre/ne pourront pas la passer à leur petit frère/soeur.


    "Place aux indécis qui ne sauront toujours pas vers quels domaines se diriger pour obtenir une licence disciplinaire."
    => Et c'est une très mauvaise idée à mon avis. Ils ne seront toujours pas après. A un moment faut les forcer à faire un choix, quitte à perdre une année si ça leur convient pas (ce qui sera mieux que la parte du au mélange bizarre de plein de matières), sinon on ne fait que repousser le problème.

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    1. Oui, on peut rester indécis toute sa vie. Pour les calculatrices, je ne suis pas optimiste pour le "mode examen" qui pourra être vérifié par les surveillants des salles d'examens en regardant une petite lumière rouge qui clignote. D'abord les surveillants n'auront pas le temps de vérifier si chaque calculatrice a bien sa petite lumière rouge, ensuite rien n'empêchera le candidat de replacer sa calculatrice en mode "non examens" dès que le surveillant est loin de lui, voire d'utiliser un jailbreack pour faire clignoter sa calculatrice même quand elle n'est pas en mode examen.

      Seule solution : prévoir des épreuves sans aucun appareil électronique, comme c'est déjà le cas à l'agrégation interne de maths...

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