Grave crise du recrutement dans l'éducation nationale...

La crise de recrutement encore... A quand une véritable ambition ? (dimanche 31 mai 2015, par Caroline Lechevallier)

Les résultats d’admissibilités aux concours externes sont actuellement publiés. Les inquiétudes que le SNES-FSU avaient formulées en novembre se confirment :

  • baisse de 5,1 % des admissibles au CAPES externe de mathématiques alors qu’il y a +15,8% de postes
  • déjà 50,4% (116/230) postes non pourvus en lettres classiques
  • baisse de 1,7% d’admissibles en allemand pour 13,3% de postes en plus.
  • en lettres modernes, seulement 1,1 admissible par poste
  • en anglais seulement 1,2 admissibles par poste
  • baisse de 20,6% des admissibles en éducation musicale pour +21,2% de postes

Sur le terrain, élèves cherchent professeurs

La crise de recrutement se traduit sur le terrain par une pénurie d’enseignants : le nombre d’annonces pour recruter des enseignants explose sur pole emploi....et ne trouvent pas preneur, preuve que même avec un chômage record, le métier n’attire pas ! Conséquence : des élèves sans profs !

Des mesures inopérantes

L’augmentation du nombre de postes aux concours ne peut à elle seule résoudre la crise de recrutement qui s’est enclenchée dans les années 2000.

Les autres mesures mises en place sont inopérantes : les EAP n’ont pas le succès escompté, et pire, les étudiants, tous boursiers donc issus des milieux défavorisés, réussissent moins bien le concours ! La nouvelle "solution", les M1 en alternance, aboutira au même échec, les mêmes causes produisant les mêmes effets : en surchargeant les étudiants par un service tout en diminuant la formation, la réussite au concours ne peut qu’être compromise, sauf bien évidemment en créant un concours spécifique, signifiant recruter des enseignants moins bien formés !

Par ailleurs, la mise en place des ESPE se fait dans le plus grand chaos, sans anticipation, les étudiants et stagiaires sont dans le flous le plus total, subissant des consignes contradictoires et submergés de travail (les stagiaires doivent assumer un travail à mi-temps en responsabilité totale devant élèves, et la fin de leurs études).

Des mesures destructrices

Le gouvernement a diminué de 14% la rémunération des stagiaires depuis la rentrée 2014. Un certifié stagiaire commence ainsi à 1,1 SMIC : comment dans ces conditions attirer des jeunes qualifiés à bac+5 ?

Par ailleurs, le gouvernement a supprimé les aides spécifiques aux candidats aux concours.

Enfin, la réforme du collège, en l’état, détourne les étudiants des métiers de l’enseignement, notamment de Lettres classiques ou d’allemand, déjà en crise !

De l’ambition pour l’école : revalorisation et prérecrutements

Alors qu’il faudra recruter 300 000 enseignants pour 2022, le ministère doit enfin avoir l’ambition qu’il claironne. Pour lutter contre la crise de recrutements, les solutions sont connues et très efficaces :

  • revalorisation des salaires
  • revalorisation des conditions de travail
  • de véritables prérecrutements
  • Rétablir les aides spécifiques aux candidats aux concours
  • Décharger, former et préparer aux concours les non-titulaires et AED

Réf. http://www.snes.edu/La-crise-de-recrutement-encore.html

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