47% de plagiat dans un mémoire de master : de la nécessité d'utiliser un logiciel anti-plagiat

Jusqu'à cette année, j'utilisais les guillemets dans Google pour découvrir des passages copiés qui figuraient dans les mémoires de master que je devais écouter. Là, enfin, j'ai eu le courage d'utiliser l'abonnement de notre ESPE à un service spécialisé dans la recherche des plagiats. 

L'inscription est toujours un peu fastidieuse à réaliser, mais les résultats sont probants. Comme nous allons le voir, ils permettent de rendre compte de tous les passages d'un mémoire qui dupliquent d'autres textes présents sur internet ou dans des livres déjà publiés.

La facilité avec laquelle un simple copier-coller permet de remplir son mémoire nécessite de prendre des mesures appropriées de lutte contre la fraude. La première mesure à prendre est d'obliger les établissements à s'abonner à des systèmes automatisés de recherche de plagiats. La seconde mesure, tout aussi importante, est d'imposer à tous les candidats de déposer une version numérique sur l'ENT de l'établissement suffisamment tôt pour permettre à chaque membre du jury de télécharger le document et de demander une analyse.

Au lycée, les TPE sont en général des patchworks de nombreux copier-coller, rassemblés dans un beau document, sur lequel aucun membre du jury ne pourra réellement se prononcer si, comme on le voit un peu partout, ces mémoires ne sont pas délivrés aux membres du jury sous forme numérique au moins deux jours avant la soutenance. Dans beaucoup de lycées, les professeurs doivent juger un TPE en obtenant le mémoire seulement quelques minutes avant la soutenance, ce qui interdit toute recherche de plagiat, et permet de donner de très bonnes notes à de trop nombreux dossiers. Tant et si bien que l'on se doit d'imaginer que l'objectif réel de la multiplication de telles épreuves est ailleurs, et qu'il s'agit plus d'obliger les enseignants à donner de bonnes notes (injustifiées) pour augmenter le pourcentage de réussite au BAC. La leçon est alors parfaitement apprise par nos élèves : plus tard, dès que l'occasion se présentera et malgré les innombrables mises en garde, ils plagieront et obtiendront leurs diplômes !

Et oui, quoi de plus simple que de s'attribuer un texte déjà travaillé pour obtenir son examen !

Aujourd'hui, j'ai été président d'un jury de mémoire de master, vous savez bien : ce mémoire qui demanderait tout un semestre, voire plus, pour être bien travaillé, et qui déstabilise nos étudiants de seconde année de master (M2) qui n'ont pas été reçus au concours et doivent en même temps travailler leur année de master et passer les examens, préparer leur mémoire, préparer à nouveau le concours et passer des semaines en stage. A l'impossible nul n'est tenu, mais nos étudiants sont des héros !

Souvent, sachant toutes les difficultés rencontrées par les étudiants de M2, le jury devient très bienveillant et assure une moyenne à l'étudiant qui a essayé de jouer le jeu. Mais la malhonnêteté ne doit pas être récompensée...

Présentons maintenant le mémoire de Joséphine (le prénom a été changé). Joséphine termine son M2 comme professeur des écoles. Le titre du mémoire est « Le débat au cycle 3 ».

Une analyse sur URKUND donne les résultats suivants :
Document received: 6/22/2015 1:35:00 PM
Report generated 6/22/2015 1:58:18 PM by Urkund's system for automatic control.
Document : Mémoire ***.pdf [D14881257]
 
About 47% of this document consists of text similar to text found in 66 sources. The largest marking is 562 words long and is 96% similar to its primary source.
En général un taux de ressemblance de 8% ne signifie pas forcément qu'une partie du document a été plagiée. Il peut s'agir de références dûment signalées par l'auteur. Vers 16%, le correcteur doit regarder le document en détail, mais là, avec 47% de ressemblances, c'est une analyse détaillée qu'il faut mener.

Je réceptionne donc l'analyse complète qui indiquera les endroits de plagiats probables, et me donnera les adresses où trouver les textes originaux sur internet ou les références bibliographiques. Je découvre alors la liste des endroits copiés :


Ces sources ont été utilisées 194 fois dans le document.

L'analyse est alors fournie en deux partie : la première contient le texte du mémoire de Joséphine où les passages copiés sont bordés de rouge et où l'on indique l'adresse où trouver l'original et le pourcentage de coïncidence. La seconde partie permet de comparer le texte du mémoire de Joséphine et celui qui a été publié ailleurs. Mon travail consiste alors à déterminer un passage probant qui prouve rapidement la supercherie. Mon attention se porte tout de suite sur un long passage situé à la fin du document et je découvre le nom du mémoire qui a été plagié.

Il s'agit du mémoire de Noémie LOISEL intitulé Pourquoi et comment faire débattre des élèves à l'école primaire ?, présenté à l'IUFM de Bourgogne en 2006.

Les quatre pages ci-dessous sont extraites du rapport de plagiat. Elles montrent à gauche le texte du mémoire présenté et à droite celui du mémoire plagié. Regardez les adresses qui permettent de retrouver le mémoire sur internet, et faites attention au pourcentage de ressemblance. Sur la page 71, remarquez aussi que les noms des classes ont été modifiés ! Joséphine a juste placé les noms de ses deux CE2 où elle était sensée mener l'expérience. Et bien, pendant la soutenance, même avec la preuve sous les yeux, elle se demandait encore devant le jury comment cela était possible. Comme si la mention C.M.2 avait été remplacée par CE2 A par enchantement !

Un aplomb incroyable. A la question « Avez-vous recopié des parties d'un autre document sans citer vos sources », la candidate a répondu qu'elle ne croyait pas. Et dans la suite de l'entretien, elle semblait tomber des nues et ne reconnaissait pas où était le problème.

Cela signifie qu'elle plagie à tour de bras depuis son premier TPE de terminale : elle a dû obtenir un 18/20 en TPE quand elle était au lycée, et obtenir son BAC en partie grâce à ces copies éhontées du travail d'autres personnes. Qui pourra jamais le vérifier maintenant ?

La mode est aux EPI et aux exposés sur les arts en collège, et la situation est identique : NOS ELEVES APPRENNENT A COPIER TOUS LEURS EXPOSES SUR INTERNET et pour les encourager, ils reçoivent d'excellente notes. ON LES DRESSE A COPIER !

Encore une fois, les professeurs ne sont pas en cause puisque, en collège comme au lycée, s'ils viennent écouter des exposés sans avoir reçu bien à l'avance une version numérique du document, et sans que leurs établissements n'aient payé un abonnement à une société privée rompue dans l'art de découvrir les plagiats !

Ah comme il est doux d'arriver à faire monter les moyennes à l'aide d'exposés plagiés, cela rassure tellement que presque tous les élèves réussissent au brevet et au BAC !

Dommage collatéral : ils apprennent à tricher et à réussir leurs examens en trichant, et cet apprentissage est bon pour TOUTE LA VIE !

Voici les quatre pages de comparaison :






Voici ce que j'ai montré à Joséphine, qui fit une drôle de tête, mais resta sur sa ligne de défense en prétextant qu'elle avait écrit le texte. Cela aurait pu être le cas lorsqu'on recopie rapidement des parties de documents placés sur le net sans y associer immédiatement les références pour pouvoir les exploiter plus tard. En revenant sur son brouillon, on se persuade alors que ce texte est de nous. Mais là, cela ne fonctionne pas pour deux raisons :

  1. Joséphine a changé CM2 en CE2A, et a opéré d'autres petits changements de ce style pour adapter le texte à ses classes vues en stage,
  2. La bibliographie placée à la fin du mémoire ne mentionne surtout pas le mémoire d'IUFM de Bourgogne qui a été le support principal de ce travail. Il s'agit surtout de ne pas faire référence au document qui a été pillé !


 Même les entêtes des questionnaires utilisés pour interroger des professeurs des écoles ont été copiées à 100%. Vous pouvez lire le rapport complet d'URKUND si cela vous chante, pour voir toutes les correspondances trouvées... Cela permettra de prendre conscience de tous les copier-coller que l'on peut trouver aujourd'hui dans un travail écrit, et ne pas sous-estimer l'activité des plagiaires !

Pour terminer, voici six pages du mémoire de Joséphine où j'ai entouré les passages copiés. En les imprimant j'ai pu prouver qu'il y avait eu plagiat pendant la soutenance.

Beaucoup de travail pour rien. Mais je suis content ! Ce sera sans doute la première fois, dans toute sa scolarité, que Joséphine ne profitera pas de ses tricheries... Notre jury lui a octroyé 0/20 pour la partie écrite du mémoire (coefficient 2) et 5/20 pour la soutenance (coefficient 1), par magnanimité car elle a présenté son travail personnel sur PowerPoint, et vous savez bien tous : quand on invoque le Dieu PowerPoint, il faut actuellement s'incliner, car nous entrons dans le Panthéon des TICE.

Le mémoire de Master 2 représentant la note principale du second semestre, et ce second semestre n'étant pas compensable par les résultats du premier semestre, notre Joséphine devra redoubler son M2 et représenter un mémoire l'année prochaine. Nul doute que j'avertirai tous les collègues pour que son travail soit alors méticuleusement vérifié...





























Commentaires

  1. Bon je pense que pour une carrière dans les services secrets, c'est raté !

    Entre le nom qui est masqué de quelque traits rouge mais qui au final reste lisible, le rectangle jaune dans le pdf qui est par dessus le nom mais qui reste accessible par copier/coller, et le nom qui n'a pas été masqué en haut à droite à la fin du pdf :D

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    1. Ah ben zut : vous voulez me faire tout recommencer alors...
      Je n'ai pas eu la compétence services secrets. je vais voir ce que je peux faire.

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  2. Intéressant... Je ne connaissais pas ce type de logiciel et je comprends mieux ce qui est arrivé à un collègue qui préparait le Capes Interne, il a obtenu une note de 9 à son dossier RAEP, c'est-à-dire juste de quoi ne pas être admissible alors que son dossier était plus que convenable. J'ai cherché où avait pu être le loup et en discutant avec une collègue et en relisant les dossiers que j'avais envoyés comme modèles pour montrer aux stagiaires des exemples, je me suis rendue compte du plagiat !

    En effet, il s'est très largement inspiré d'un dossier qui avait obtenu 14 l'an dernier. Après ce que je ne m'expliquais pas c'est comment le jury avait pu relever ça, ils sont quand même nombreux et il faut avoir une sacrée mémoire mais maintenant tout s'explique !!!

    Bon ben va falloir dire aux étudiants l'an prochain qu'il va falloir qu'ils se creusent la cervelle et fassent preuve de réflexion....;)

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  3. Étudiante en licence 3 , je me suis retrouvée par hasard sur votre article en cherchant des informations sur les modalités de rédaction de mémoire desquelles je voulais m'inspirer pour la composition d'un devoir, et bien que je comprenne parfaitement l'objet et l'intérêt de votre article , j'ai du mal à comprendre le nombre de fautes d'orthographe qu'il contient...pour sûr, vous n'avez pas fait de plagiat pour le rédiger!

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    1. Aïe, cela doit signifier que je suis entré moi aussi dans l’ère des professeurs 2.0 ! Et vous aviez raison : vous m’avez donné le courage de relire ce texte et j’ai trouvé pas mal de fautes que j’ai corrigées. N’hésitez pas à me signaler celles que j’aurais encore oubliées.

      En plus l’un des passages de ce texte en était resté au premier jet car contenait beaucoup trop de fautes. Je suis coupable et ferai acte de contrition, promis !

      Au passage, j’ai relevé cinq corrections à apporter à votre commentaire, dont quatre corrections typographiques : il faut enlever les espaces avant les virgules, en rajouter un avant le point d’exclamation, et laisser un espace après les points de suspension en n’oubliant pas de mettre une majuscule juste après. Cela aussi, j’ai mis des lustres à l’apprendre, mais c’est utile surtout quand on doit présenter un mémoire.

      D’ailleurs, comme on parle de mémoire, il n’est pas déplacé d’indiquer ce petit ouvrage de typographie bien intéressant à tous les lecteurs intitulé « Petites leçons de typographie de André » :
      https://drive.google.com/file/d/0B_kpVAgVUksoc1ZLN2pudm12REU/view?usp=sharing

      En tout cas, merci pour votre commentaire qui ne peut que permettre d’améliorer ce document.

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  4. C'est mesquin quand même de s'acharner au point de souligner à ses nouveaux futurs examinateurs de bien analyser son prochain mémoire, s'en est presque de l'acharnement. Présumé en plus qu'elle a plagié depuis le bac...Vous êtes plutôt rancunier de caractère ^^ elle perd quand même une année de sa vie, pour avoir voulus s'économiser quelques heures de travail barbant comme la pluie... Valider des UE et acquérir des compétences grâce à elles est beaucoup plus formateur que remplir un mémoire des mois durant à la maison dont les futurs recruteurs n'en ont strictement rien à faire, c'est de la rétention de jeune diplômé que de la punir pour si peu, déjà que même avec le Master c'est au moins un an de recherche d'emplois qui l'attends, je ne remets pas en cause votre métier mais honnêtement en être fier et s'en vanter sur votre blog c'est aussi éhonté que son plagiat, sur le plan professionnel elle auras rien à plagier, il faudra qu'elle se débrouille avec ses propres armes... A croire que vous êtes tellement académique que vous en oubliez la réalité professionnelle, pour enseigner à des gosses en dessous de 12 ans son pauvre mémoire ne changera pas grands chose à la donne... Un aplomb d'enfer? Mais comment voulez-vous qu'elle réagisse quand vous lui agitez le pot aux roses sous le nez? Vous manquez cruellement d'humanité pour la peine. C'est bien triste ;(

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  5. Personnellement, je pense que le mémoire ne sert pas à grand-chose, et ne représente qu'une obligation de plus mise sur le parcours du futur professeur, à qui on demande déjà trop de choses disparates. Un minimum de connaissances disciplinaires bien précises, une accoutumance à gérer des classes et l’envie d’enseigner seraient bien suffisants, sans tous ces exercices rajoutés à souhait dans un parcours imposé d’un Master trop chargé. Inutile de préciser que la majorité de mes collègues de l’ESPE (et surtout ceux des enseignements généraux pédagogiques, dans ce qu’on appelle l’ossature) ne sont pas d’accord avec moi et placent le mémoire sur un piédestal !

    Dans la pratique, quand je suis dans un jury de mémoire, je suis très bienveillant et ne bloque jamais le candidat, allant jusqu’à être laxiste et mettre 10/20 même si cela ne le mérite pas dans l’absolu. Justement pour ne pas pénaliser des étudiants qui ne peuvent pas trouver le temps de préparer correctement ce mémoire : dans un « Master normal », le dernier semestre du M2 est dévolu au mémoire. Là, en MEEF, le stage en responsabilité existe encore au dernier semestre (pour ceux qui ont déjà réussi le CAPES) et il y a encore des enseignements. Et ceux qui n’ont pas obtenu le CAPES sont en train de le repasser, donc ont l’esprit ailleurs. Quelles conditions de travail… Sur ce point je vous rejoins complètement.

    Mais de là à accepter un candidat qui copie carrément des dizaines de pages d'un autre mémoire et présente son travail comme personnel, en expliquant qu’il a tenu compte de son stage pour son expérimentation (alors qu’il s’agissait du stage d’une autre personne en un autre lieu), il y a un gouffre. L’honnêteté est indispensable pour qui veut devenir professeur ! Et c’est cette honnêteté qu’il faudra sans cesse afficher dans l’exercice de son métier, car elle est essentielle pour ne pas favoriser l’un et donc défavoriser l’autre.

    Une candidate qui triche de façon éhontée devrait donc avoir son diplôme devant ceux qui n’ont pas eu le temps de préparer leur travail mais sont restés honnêtes ? Si on accepte cela, on justifie que tous les « coups » sont autorisés et que la fin justifie les moyens.

    De plus, en mathématiques, l’honnêteté est toujours mise en avant : on présente un raisonnement, on l’analyse de façon honnête, et si quelque chose ne va pas, on le dit ou on l’explique en remarque. Déformation professionnelle ? Mais rassurez-vous, pour mentir avec tant d’assurance, même avec les preuves sous les yeux, cette candidate avait l’habitude d’agir de la sorte. Cela ne s’invente pas.

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  6. Bonjour,

    Il faudrait quand même penser à masquer son nom encore apparent, on vous a fait la remarque il y a plus d'un an et le nom figure toujours. Je ne trouve pas ça très correct via à vis de la personne concernée.

    Cordialement.

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    1. Le nom est normalement masqué dans tous les documents. Si vous le trouvez quelque part, avertissez-moi pour que je le cache.
      Au début de l'article, il y a mention à "Carine BAZIRE CARRIERE" mais il s'agit de quelqu'un qui a été utilisée dans les "sources" relevées par URKUND.

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  7. Bonne nouvelle : en juin 2016, j'ai vérifié tous les mémoires où je devais être membre du jury, et aucun n'a posé problème à cause de plagiat.
    C'est bien, surtout quand j'incite toujours le jury à mettre une note supérieure à 10/20 quand il s'agit d'un travail personnel, et quel que soit le travail remis, pour tenir compte de la difficulté des étudiants à remettre ce mémoire et le travailler : ils sont étudiants, en stage lourd, et repassent souvent le concours, ce qui fait bien trop de charges pour un seul homme !

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  8. On veut peut être se faire bonne conscience un an après ?
    Bravo en tout cas pour votre prouesse. URKUND vous doit une fière chandelle pour votre travail.
    Vous auriez simplement pu permettre à la charmante demoiselle de présenter un dossier complémentaire pour éviter de lui faire perdre une année.
    Ah non, vous préférez 10 fois quelqu'un qui fait une reformulation de dingue et se voit adjuger "le sésame de l'effort personnel" [ Source : Dany-Jack et al, 2016) !
    Oui, elle a pu mentir ( qui ne le ferait pas en pleine soutenance ! )
    C’était bien là votre rôle en tant qu'ancien et avant tout être humain : trouver un compromis !

    Heureusement la vie reste belle.
    Espérons que vous ne le regretterez pas quand vous serez vieux !

    Quand on nait on assimile l'amour à la famille.
    Puis on grandit, on l'assimile à la passion de l'argent, du sexe, de l'éthique etc.
    Mais quand l'on vieillit, on en vient à se demander si l'on a réellement aimé... ( BHD, 2016)

    Merci Monsieur Mercier.

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  9. Et bien non, il y a des limites à ne pas dépasser ne serait-ce que par justice pour les autres étudiants qui ont refusé de copier un mémoire en entier ! Même si je ne suis pas persuadé de l'intérêt d'un tel mémoire pour enseigner les maths, je ne peux pas accepter que l'on triche ainsi dans un examen, et cela ne me pose aucun problème de conscience.
    Par contre, c'est vrai : je lutte au sein des jurys où je me trouve pour que les candidats aient la moyenne à cette épreuve quand ils ont (un peu) joué le jeu (s'il n'y a pas de copie éhontée de presque tout un mémoire, bien sûr...). C'est ainsi.

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  10. Faut arrêter, les nouvelles technos et le web poussent au vis.

    C'est archaïque d'interdire les mémoires monté grâce à la citation de sources..

    Ok, le "plagiat" c'est mal, mais imposer la rédaction de prose pour ces travaux et empêcher le montage de doc sur 90% de citations est tout autant méprisable. Tout le monde n'est pas né rédacteur, au jury de savoir aussi faire la part des choses !

    Resistez au conformisme et restez humain !

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    1. Personnellement je préférerais qu'on supprime carrément ce mémoire de master, et qu'on en reste au stage et à la préparation du concours. Mais ce mémoire est imposé, et après il faut citer ses sources et ne pas "pomper" glorieusement le mémoire d'un autre sans rien dire pour passer devant le pauvre copain qui a travaillé par lui-même.

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  11. En tant qu'étudiant peut-on tester son mémoire avant de le rendre?

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    1. Oui. Il suffit de le demander à son directeur de mémoire. Dans la pratique, la grande majorité des étudiants n'a rien de prêt avant la date limite de dépôt, donc cela limite la portée de cette vérification. Chez nous, je trouve que les étudiants ont trop de travail par ailleurs (alors qu'ils devrait disposer d'un semestre entier pour ne travailler QUE le mémoire), donc je suis très large et me bats constamment avec d'autres collègues du jury pour qu'on donne la moyenne, vu les circonstances.

      On ne risque rien si on cite ses sources, même si on donne beaucoup de citations. Recopier des parties du BO, ou ré-exprimer une idée prise dans un autre mémoire ou dans un livre, en disant de quel endroit cela vient, c'est bon. Par contre copier une séance dans un autre mémoire et copier le compte-rendu à l'identique en faisant croire qu'on a testé la séance est malhonnête. On doit tout faire pour ne pas recruter du personnel enseignant malhonnête, déjà parce qu'il faut donner l'exemple aux élèves. C'est une raison suffisante sans en chercher d'autres que l'on imagine aisément.

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  12. J'avoue que je reste pantoise devant une telle histoire. A la lecture de cet article, j'avoue avoir vérifié mon mémoire pour voir si je n'avais pas oublié de citer des références. Normalement, j'ai bien inclus tout le monde et si oublis il y a eu, je pense que mon jury sera suffisamment intelligent pour se dire que j'ai simplement oublié de citer Trucmuche (en mémoire recherche, les notes de bas de page et les références bibliographiques, ça y va).

    Je ne suis pas d'accord avec la plupart des commentaires ; il ne faut pas excuser cette fille. Elle est adulte, a triché et doit en assumer les conséquences ; laisser passer ce genre de choses, c'est diminuer la valeur du master et c'est injuste envers ceux qui ont véritablement joué le jeu, retranscrit leurs enquêtes de terrain et tenté de proposer une réflexion personnelle. Dans le cas contraire, j'aurais simplement dû faire du copier / coller au lieu de m'échiner pendant plusieurs mois à compiler les sources citées avec la référence et à réfléchir sur les données de mon corpus.

    Je ne comprends même pas qu'on puisse cautionner un tel comportement ; ok, elle a eu un concours à préparer, un stage à faire ainsi qu'un mémoire. Mais ses collègues aussi non ? Alors pourquoi n'a-t-elle pas joué le jeu alors que les autres ont fait l'effort d'être honnêtes ? Je pense qu'elle aurait plus de mérite si elle avait reconnu son plagiat. Quand on est face à l'évidence, mentir, c'est s'enfoncer davantage, s'humilier davantage aussi. Elle a déjà de la chance de pouvoir recommencer un mémoire, certains jurys n'auraient pas été aussi cléments (faire preuve de plagiat, c'est risquer de la prison, une amende et être passible de 5 ans sans examen, si on n'est pas carrément radié de l'université, me semble-t-il).

    En tout cas, j'ai découvert ce logiciel et il paraît que ma fac ne se gêne pas pour utiliser ce genre d'outils (ce que je trouve normal), donc ça ne m'étonnerait pas que mon travail soit passé au crible. xD

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    1. Je suis d'accord avec vous. De plus, ceux qui font cela ont l'habitude de le faire depuis longtemps, depuis le collège : quand cela passe à chaque fois, on recommence... On gagne du temps et on passe devant des élèves/étudiants sérieux qui sont honnêtes. C'est se moquer de ses semblables.

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  13. Les étudiants M2 MEEF ayant eu le CAPES sont payés comme des profs débutants alors qu'il ne font que la moitié d'un service d'enseignement. Ils doivent l'autre moitié en formation.
    Ils sont donc payés par le contribuable pour se former...
    Combien d'étudiants aimeraient bien être payés par le contribuable pour pouvoir continuer leurs études ?

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    1. Manifestement, pas assez pour remplir les concours de recrutement.

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  14. C'est effectivement choquant qu'une future enseignante copie sans vergogne des pages et des pages d'un autre mémoire. Je suis d'accord avec votre analyse concernant la facilité avec laquelle cette candidate a probablement trompé son monde depuis la seconde, et persiste après, puisque cela a fonctionné.
    Le copiage est une pratique très courante, malheureusement, dans le quotidien des élèves du secondaire ; sachez que lorsqu'un professeur le punit (observation écrite, rattrapage en retenue), il est une fois sur trois harcelé par les parents d'élèves, pas soutenu par son chef d'établissement, parfois même remis en question par la hiérarchie.
    Il semblerait qu'exiger des travaux personnels de la part des élèves soit excessif par les temps qui courent, au point de rendre aveugles d'autres professeurs, ce qui ne fait que renforcer le caractère excessif de ceux qui ne transigent pas avec la malhonnêteté. J'ai bien peur que la société ait évolué ainsi...

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    1. Il s'agit effectivement d'une évolution lourde bien actuelle. En mathématiques, le devoir surveillé (et bien surveillé) sur table et sans autorisation de la calculatrice est un bon moyen de tester les connaissances réelles de l'élève.

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  15. Je suis d'accord sur le fond. Mais sur la forme...
    Ne le prenez pas mal, mais même dans les réponses que vous rédigez sous les commentaires, ça suinte la malveillance et l'aigreur. Vous parlez de cette femme comme si vous la connaissiez, est-ce qu'elle vous fait penser à une copine qui vous aurait friendzoné par le passé? (les suppositions, ça peut aller dans les deux sens).
    Je pense qu'une discussion entre 4 yeux avec la tricheuse bien avant sa soutenance aurait largement suffi à lui faire prendre conscience de sa bêtise et lui aurait donné la possibilité de rédiger un dossier annexe tout en se faisant dessus (bonjour le stress pour retravailler 47% d'un mémoire à quelques semaines de la soutenance) au point qu'elle en aurait sans nulle doute jamais oublié la leçon. Tellement de professeurs préfèrent une attitude préventive à la sanction dure et sèche. Par ailleurs, quand un étudiant arrive en dernière année de Master en copiant une telle partie de son mémoire, il y a quand même lieu de se poser quelques questions aussi sur la qualité de votre accompagnement.
    Par contre, je vous rejoins sur le fait que, effectivement, le mémoire ne sert pas à grand chose.

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    1. Je n'aime pas les tricheurs. Par ailleurs j'ai découvert le mémoire de cette étudiante quelques jours avant la soutenance, et c'est en faisant les vérifications d'usage que je me suis aperçu de la fraude.
      On répète continuellement à ses propres étudiants de ne pas recopier des pans entiers d'un autre document sans le signaler, donc l'information est connue.
      Non, cette étudiante ne me rappelait personne en particulier, qu'allez-vous chercher là ?

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    2. Vous avez sans doute découvert le mémoire 2-3 jours avant la soutenance. Je doute fort qu'elle vous l'ait remis le jour où vous l'avez découvert. Je n'aime pas les tricheurs non plus.

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    3. En fait 5-6 jours avant la soutenance pour le mémoire papier, mais beaucoup plus pour la version numérique, donc j'ai pu en prendre connaissance plus tôt.

      Il y a moins de plagiats de ce type depuis que j'ai débusqué ce type de tricherie. L'année passée j'ai "perdu du temps" pour passer à la moulinette d'URKUND tous les mémoires de l'ESPE, et avertir les collègues et la commission mémoire de toute tricherie conséquente. Je n'ai trouvé q'un mémoire qui posait vraiment problème, et je l'ai signalé : heureusement, autrement il serait passé comme une lettre à la poste.

      Par contre, étant contre ce travail supplémentaire demandé aux stagiaires pendant une année où ils sont très occupés (stage, master 2, et pour beaucoup épreuves du CAPES à repasser), si le mémoire n'est pas copié quelque par de façon éhontée, je me bats si besoin contre les deux autres membre de mes jurys pour assurer un 10/20 à cette épreuve si la personne a tenté de jouer le jeu, même si le mémoire n'est pas "aux normes demandées par nos chercheurs en éducation", donc aux normes d'un master recherche. Je suis laxiste, mais là je suis persuadé que je dois l'être...

      Tous mes collègues ne sont évidemment pas de cet avis.

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