Il faut indemniser les victimes de Jules César !


Il faut indemniser les victimes de Jules César ! 

Un millions de morts et un million d'esclaves sur une population estimée à entre 12 et 15 millions d'habitants, ce qui fait une ponction située entre 13% et 17% de la population totale. 

L'article qui suit évoque le thème des réparations en réponse à toutes les horreurs qui se sont passées sur cette Terre, où l'homme est responsable.






On oublie aussi constamment de rappeler combien l'esclavage était développé en Méditerranée. Les tours génoises en Corse sont encore les témoins des descentes barbaresques sur les côtes du sud de l'Europe, destinées à se pourvoir en esclaves, ce qui plusieurs siècles. Les descentes (razzias) étaient continuelles, systématiques et efficaces, et le littoral s'est désertifié à cette époque, comem on peut s'y attendre. 
« Le littoral de la Corse était défendu par des tours dont la construction ne remonte pas au-delà du xive siècle. Ces constructions ont eu lieu aux dépens des habitants, qui se sont imposés extraordinairement pour garantir leur littoral des incursions des pirates barbaresques. Le nombre de ces tours était de 85 au commencement du xviiie siècle. »
— Prosper Mérimée - Notes d'un voyage en Corse Note F. p. 195

Dans l'introduction du livre Esclaves chrétiens, maîtres musulmans : L'esclavage blanc en Méditerranée (1500-1800), on peut lire :

"La traite des Blancs pratiquée en Méditerranée par ceux que l'on nommait alors les Barbaresques a duré près de trois siècles et a causé plus d'un million de victimes. Qui étaient ces esclaves ? Comment se les procurait-on ? Comment fonctionnaient les marchés d'Alger, de Tunis et de Tripoli, les trois villes formant le noyau dur de la Barbarie ? Quelle forme prenait l'asservissement physique et moral de ces hommes et femmes originaires de toute l'Europe ?"

Des villes de l'Europe entière possédaient aussi leurs marchés aux esclaves dans le passé, la traire intra-africaine, la traite musulmane, l'impôt turc en "enfants" ponctionné sur les peuples des Balkans, l'esclavage en Inde et en Chine, cela ne s'arrête pas...

On pourrait continuer longuement comme ça, et s'apercevoir que l'esclavage était la chose du monde la mieux partagée entre les continents. Le pire est que cette abomination n'a pu être combattue que par les progrès des sciences et des techniques, à partir du moment où la machine et l’augmentation de productivité a permis de ne plus exploiter les hommes de cette façon. 

La réussite de la lutte contre l'esclavage est à mettre aussi au compte des progrès scientifiques et technologiques qui l'ont rendue possible. Heureusement.


Références :
Les esclaves français des Maures et des Turcs
Le génocide voilé : enquête historique (Tidiane N'Diaye)
Les négriers en terres d'islam (Jacques Heers)


Commentaires

  1. Eric Ferrire et Luc Brunet à quelques jours d'intervalle sur le blog... Mal aux yeux!! Je ne touche pas au Figaro et encore moins à Valeurs actuelles par peur d'attraper le virus qui contamine les intellectuels qui ne rougissent même plus d'avouer qu'ils sont des traitres, alors s'il vous plait ne m'imposez pas ces horreurs sur ce bon blog/site dédié aux mathématiques, qui, jusque là, m'a beaucoup aidé.

    Et pour ce qui est de l'esclavage, ne vous est-il pas venu à l'esprit qu'il eut été possible de l'abolir sans progrès techniques? La justice, l'égalité des droits et des chances ne sont elles possibles que dans le plus technicisé des mondes?? Je crois que vous y aller un peu fort...

    La réussite de la lutte contre l'esclavage est à mettre au compte de la lutte contre l'esclavage! Au même titre que la liberté et l'égalité citoyenne acquises après plus de 150ans de combats et de mouvements sociaux. D'ailleurs il serait peut être pertinent de se demander pourquoi cela fait 30ans que nous cessons de progresser dans ce domaine voire pourquoi nous régressons!!

    Salutations.

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  2. Je m'attache surtout aux idées sans faire attention d'où elles viennent, l'important étant selon moi d'essayer de vérifier les sources et de continuer à raisonner du mieux possible, même si cela devient difficile en raison d'innombrables paramètres et des manipulations d'informations qui peuvent être ressassées. Donc, suivant le cas et les idées agitées à l'occasion, je serai plutôt d'accord avec des idées agitées à droite, ou bien à gauche, ou bien au centre, voire ailleurs.

    Mais je conçois qu'on ait des références et des conclusions différentes. On peut dialoguer pour au moins essayer de comprendre l'autre.

    Je ne dis pas que seul le progrès technologique est responsable de cette lutte contre l'esclavage, mais je pense qu'il a joué un rôle important qui est très rarement évoqué. Cette idée n'est pas de moi, mais d'une personnalité auditionnée par le Sénat il y a quelques années. Je ne sais plus laquelle. A l'époque du servage en Europe, un paysan pouvait faire vivre environ 1,5 homme (d'où l'exploitation éhontée de sa force de travail contre l'assurance d'une certaine protection), mais après des progrès scientifiques continus, il a pu faire vivre 2, puis 3, puis 10 hommes. Et ainsi de suite, ce qui a rendu inutile toute cette mise sous tutelle de la majeure partie de la population pour servir uniquement quelques roitelets bien positionnés dans le paysage.

    Bien que cette tutelle puisse continuer, bien sûr. L'idée morale contre toute forme d'esclavage est donc évidemment un prérequis et une nécessité.

    Ce que vous dites est vrai : l'esclavage existe encore sous beaucoup de formes différentes et sous beaucoup de cieux. Et on ne le voit pas. Je vais oser vous faire part de quelque chose qui m'est arrivé il y a longtemps : j'avais 10 ans et j'étais en classe de CM2 à Colomb Béchar en Algérie, en 1967-68, donc bien après l'indépendance. Mon père était coopérant, et travaillait dans une école primaire en étant proche des inspecteurs locaux. Un jour, j'ai entendu la discussion à table, et d'après ce que j'ai compris, "on" avait proposé à mes parents d'acheter une petite fille venue du sud comme bonne à tout faire. Beaucoup de locaux en employaient déjà dans le calme des maisons où l'on n'entre pas. Colomb-Béchar est très au sud de l'Algérie, et à peu de distance du grand désert de sables, celui qui fait peur en s'étendant à l'infini, celui qui est traversé par les caravanes.

    Mes parents ont réfléchi un instant pour voir s'il n'était pas possible, ainsi, d'arracher quelqu'un à l'esclavage, mais finalement cela se serait retourné contre eux, et ils ont eu raison de refuser toute forme de compromission. Mais tout de même, entendre qu'un arrivage de caravane apportait son lot de marchandises sur le marché, en plein XXe siècle, cela fait réfléchir sur les hommes en général. Ce sont les légionnaires français qui ont mis fin à de nombreuses traites dans ces pays à l'aube du XXe siècle. Malheureusement, il existe encore des traites cachées.

    Bonne journée à vous

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    1. S'attacher aux idées, voilà qui est bien dit. C'est bien pour ça qu'il faut être féroce avec les personnes que je critiquais plus haut (de mon point de vue bien entendu), car en aucun cas il ne s'agit d'attaques personnelles. Simplement à force de lectures, nous commençons à connaitre ces gens, et d'ailleurs ici encore, Brunet fait preuve de toute sa mesquinerie. L'introduction ne reflète pas tellement l'article, puisque l'auteur se moque du CRAM. Mais je l'ai lu, aussi j'ai écouté le discours très politicien de Ferry... A chaque fois je me dis "plus jamais", puis j'y reviens car les chiens de garde assoiffés d'influence sont partout, impossible de les rater.

      Vous évoquiez "la droite, la gauche, le centre", j'imagine que vous n'aurez pas de mal à me "cataloguer" et ce n'est pas du tout un problème, seulement je trouve cette approche très "politique politicienne" et donc peu pertinente. Je suppose que nous nous rejoignons sur ce point. Je ne déteste pas Brunet parce qu'il est de droite, je le déteste pour ce qu'il dit à longueur de journée, pour ses idées et sa vision de la société. Alors oui effectivement sa vision est "de droite" mais je trouve la nuance importante...

      Pour ce qui est de l'esclavage:

      Il n'y a pas de doute le progrès technologique a permis un accroissement de la productivité et de la production dans tous les domaines, mais combien de temps les mineurs sont restés "esclaves"? Combien de temps les ouvriers des fabriques puis des usines ont du se battre pour obtenir des revenus décents? Je vous rappelle qu'il a fallu presque 100ans pour abroger la loi Le Chapelier! Et il a fallu bataillé, la classe dominante était bien sûr opposée à toutes formes d'avancées sociales. Pendant plus d'une centaine d'années le progrès technologique a essentiellement servi et enrichi la classe bourgeoise, pour les autres, il restait les miettes. Vous comprenez donc bien que je déconnecte très facilement le progrès technique de l'abolition de quelconques formes d'esclavages. Du point de vue marxiste, on peut même aller plus loin, le système de production capitaliste est entièrement basé sur ce phénomène d'antagonisme de classes, de l'asservissement d'une classe pas l'autre, ou de l'asservissement de l'homme par l'homme.

      Votre anecdote personnelle est troublante, elle sent très fort la vérité.

      Discussion intéressante, au plaisir de vous lire,

      Bonne journée.

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    2. C'est vrai, il y a eu de nombreuses batailles pour arracher des conditions décentes de travail et donc de vie. On ne peut pas le nier. On ne peut pas plus nier qu’actuellement on exploite encore souvent les travailleurs pour une bouchée de pain, pour enrichir quelques milliardaires internationaux.

      Une chose quand même : les réformes dans l’éducation font fi du clivage gauche-droite, puisqu’on a subi ces réformes en cascade avec une très belle régularité depuis 1980. Les crédos en matière d’éducation sont donc partagés par les deux grands groupes politiques. On n’a pas de chance de ce côté.

      Pour mon anecdote, oh que oui ça s’est passé, mais ma mère n’est plus là pour me raconter les détails. Tout ce dont je me rappelle, c’est que mon père a failli accepter en se disant que c’était une façon de sauver une petite fille, mais ma mère n’a pas accepté en prenant conscience de toutes les difficultés qu’il y aurait alors eu pour reprendre l’avion avec un enfant et atterrir en France, sans passeport ! Je me rappelle aussi que c’était des personnes très en vue et qui avaient des responsabilités sur place, qui parlaient de ces « arrivages » avec bonhomie : c'était si naturel qu'on faisait l'office de martiens ! Si bien que maintenant j’imagine sans peine le nombre de « prisonniers », dont beaucoup d’enfants, qui peuvent trimer dans la discrétion la plus totale. C’est affreux, et ça dure !

      Pour moi aussi, la discussion fut intéressante : il y a tant de points de vues et d’expériences différentes, que les vécus ne sont pas faits pour s’entrechoquer mais pour être partagés le plus possible, en essayant de comprendre l'autre avant de le condamner.

      Bonne journée.

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