Une vie triste comme celle d'un analphabète en terminale S

Il y a forcément un moment où ça a foiré ! Et qu'on ne me dise pas qu'il s'agit d'un cas particulier et que tout va bien dans l'ensemble, car les exemples sont légion. De telles copies n'existaient pas en 1980 : quand on passait le BAC, on savait écrire un texte simple de 5 lignes sans fautes.

Voici deux extraits d'une copie remise au BAC 2017, dans la filière S. Les réponses ne veulent rien dire, et on constate vite que l'on a affaire à un analphabète. 

Par bienveillance, cet analphabète aura son BAC, car les instructions imposent de plus en plus souvent d'accorder la moitié des points à qui présente une tentative de réponse, fût-elle ubuesque ou indéchiffrable. 

Ces deux textes écrits par un élève de terminale S devraient nous questionner :

  1) A quel moment et comment avons-nous réussi le tour de force de créer des dizaines de milliers d'analphabètes ?

  2) Comment un élève qui ne sait pas écrire est-il censé suivre des cours de terminale S ? Comment vit-il cette expérience ? A quoi sert-elle ?

  3) Pourquoi pénaliser les quelques élèves qui montrent des capacités suffisantes pour profiter d'un enseignement dans un domaine donné, en les mélangeant avec d'autres qui n'y arriveront jamais compte tenu des lacunes accumulées dans les classes antérieures ?

  4) Pourquoi parquer des élèves dans des classes où ils ne pourront jamais suivre, mais attendront simplement le passage à la classe supérieure quel que soit leur niveau ?

  5) Pourquoi dégoûter autant de jeunes des mathématiques et des sciences en leur imposant des études qu'ils ne peuvent pas mener tant qu'ils n'ont pas acquis les bases nécessaires ? Mettre la charrue avant les bœufs ne mène à rien, seulement à leur prouver qu'ils sont nuls, ce qui est destructif et les envoie sur des chemins sans issue.

Il y aurait beaucoup d'autres questions à poser. C'est de la perte de temps. Trop de savants pédagogues, de grands sociologues et de politiciens avisés répètent et répéteront des absurdités en matière d'enseignement. L'idéologie et le parti pris sont entrés dans l'enseignement, et ne partiront pas d'un simple coup de baguette magique.

Pauvres enfants.



NB - Pour le non expert en mathématique, il est utile de signaler que les textes ci-dessous n'ont aucune valeur de raisonnement ou de démonstration même en faisant abstraction des fautes d'orthographe et de syntaxe. Parler de la "distance entre laquelle deux tangentes coupent l'axe des abscisses" n'a aucun sens, si ce n'est en poésie.




Commentaires

  1. Mais voyons, l'institution accorde tout sa confiance envers les héros de notre République, je veux bien entendu dire les enseignants, qui tels les alchimistes d'antan ont le pouvoir de transmuter tout cancre en élève brillant, et reçoivent pour cela en retour ̶t̶o̶u̶t̶e̶ ̶l̶a̶ ̶c̶o̶n̶s̶i̶d̶é̶r̶a̶t̶i̶o̶n̶ ̶u̶n̶e̶ ̶o̶r̶e̶i̶l̶l̶e̶ ̶a̶t̶t̶e̶n̶t̶i̶v̶e̶ ̶d̶e̶ ̶l̶'̶a̶r̶g̶e̶n̶t̶ le droit de continuer à exercer leur noble métier. Et comme vous l'évoquez, pour ceux qui doutent des résultats, avec une bonne grosse couche de bienveillance, ça passe même sans photoshop !

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