Villani s'exprime sur la réforme du collège 2016 !

Le scoop ! Cédric Villani donne son opinion sur la réforme du collège 2016 dans le 22h du 21 mai 2015 sur la chaîne Public Sénat !

Discours mesuré, qui laisse cependant bien transparaître toute l'inquiétude concernant les nouveaux programmes de sciences, les horaires qui mettent l'enseignant et ses élèves en difficulté,  et la façon dont ils devront s'articuler.

C'est rassurant d'entendre parler intelligemment quelqu'un au sujet de l'enseignement des mathématiques. Cela change de certains discours.

Voici quelques phrases de Villani que je désire mettre en valeur :

DEBUT DE LA RETRANSCIPTION

"Horaires en baisse.

Répartition du temps  : il y a en particulier la question qui [se posera] je pense à tous les collègues enseignants de mathématiques: la question des horaires avec lesquels ils luttent depuis des années, d'horaires en baisse, difficulté de boucler le programme, (...) si [les horaires sont repris par] d'autres activités, une autre façon de faire les activités [ce qui] va demander plus de travail aux enseignants, ça va être encore plus dur de boucler le programme (...)

Je comprends l'inquiétude, donc si les enseignants s'approprient l'esprit de la réforme cela sera quelque chose de très profitable, s'ils  ne se l'approprient pas [cela] peut tourner à la catastrophe (...).

(...) nous étions nombreux à l'Académie des sciences à regretter un manque d'ambition dans les programmes de sciences, un manque d'ambition considérable en mathématiques. À cet âge là, en collège, la découverte mathématique la plus importante, c'est apprendre à faire un vrai raisonnement, apprendre à faire une démonstration, quand on lit le programme, le projet de programme, il n'est pas encore définitif, on est très déçu, et il manque tout ce qui peut faire [qu'on se lance] dans la carrière plus tard, L'excitation intellectuelle. Les programmes de mathématiques sont assez coupés des autres disciplines (..)

On en parle très peu (...) [NDA : c'est exact, on parle surtout du latin, de l'histoire, des ÉPI, des langues vivantes, mais très rarement des sciences ou des mathématiques. Cela semble n'intéresser personne...]

(...) très peu de connexion entre les mathématiques et les autres disciplines, ce qui est paradoxal (...)

(...) [Il faut] que tout le monde ait la possibilité d'aller plus loin, de creuser plus loin, et de devenir ce que l'on pourrait appeler une élite, le mot est dangereux à manipuler, mais il faut que la possibilité soit offerte à tous (...)

On a tendance a beaucoup surestimer, dans ce débat, surtout en France, l'importance des programmes pour ce genre de choses. Beaucoup plus que ça, des questions telles que la bonne tenue des établissements, les moyens affectés, le nombre d'enseignants, le bien-être des enseignants, leur formation (...)


Le malaise des enseignants actuellement c'est une réalité. Si on interroge des enseignants, vous trouverez qu'il existe un malaise. En mathématiques c'est très dur de recruter (...), il y a la crise des vocations, la crise des moyens (...)

Il y a quelque chose en éducation : on ne sait jamais ce qui marche ou pas. (...)

Personne ne naît mathématicien, en même temps tout le monde naît avec des capacités différentes (...)

Quand vous avez des classes dans lesquelles tant de temps est passé à faire de la discipline plutôt que de transmettre le savoir, vous ne pouvez pas avoir un bon résultat. Quand vous avez un horaire qui est diminué, ou qui est assurée ici et là par...

Il vous arrive de sécher sur un problème de maths ? Oh, lorsqu'on est chercheur, on sèche tous les jours. (...) ce n'est pas de la fausse modestie (...)

FIN DE LA RETRANSCIPTION


Pour voir l'interview, on peut aller se placer 12'23 sur la vidéo suivante :


Ah ! Ce mathématicien remarquable est aussi... très intelligent quand il parle d'enseignement.





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