Lycées et collèges réservés à l'élite : payants mais des programmes qui ne seront pas basés sur les derniers de la classe...

Quelqu'un m'a envoyé cette chronique très réussie, sur quelque chose dont on ne parle JAMAIS. Je recopie ce texte tel qu'il est paru sur Néoprofs. Ces informations ont été rassemblées avec efficacité et courage...



DEBUT DE LA CHRONIQUE

Chaque jour, pendant 2 semaines, je publierai une liste non exhaustive des différents scandales ou inepties contenus dans cette réforme : 

PREMIER SCANDALE : 

Savez-vous que les options bilangues et anglais renforcé sont supprimées partout... sauf évidemment pour les collèges et les lycées internationaux où tout le monde le sait, le public des banlieues et les déshérités se précipitent...

Les collèges et les lycées bilingues ne sont pas touchés par la réforme bien sûr :
"En ce qui concerne les classes à horaires aménagés (classes à horaires aménagés musique, danse et théâtre et sections sportives) ainsi que les sections internationales, les dispositions horaires restent identiques aux conditions actuelles."

Extrait de la circulaire d'application... Ouf, on respire ! 

Mes amis rentiers qui ont mis leurs enfants dans une école bilingue du 15ème pourront préserver leur progéniture des affres de l'égalitarisme ! Mes amis très fortunés qui ont leurs deux enfants au collège international de Sèvres pourront souffler. Car en effet ce sont des établissements d'élite, payants et réservés à une clientèle souvent favorisée ou très favorisée. Un extrait : 
"Surprise : les montants ne sont pas identiques en fonction des langues étudiées et, même dans les établissements publics, les sections internationales peuvent être payantes. Au lycée international de Valbonne, la section allemande est facturée 960 € par an, mais il faut débourser environ 2.000 € par an pour la section anglophone. Au lycée de Sèvres, les sections allemandes et anglophones coûtent aux parents 2.000 € par an. En fait, tout dépend des accords d’échanges de professeurs entre les deux pays. Dans les écoles privées, la facture est plus élevée. Comptez 4.785 € par an à l’école active bilingue Jeannine-Manuel à Paris. Des tarifs qui ne découragent nullement certains parents. Cette année, cette école parisienne très cotée a reçu 1.849 demandes pour 358 places. "
Merci pour les enfants qui n'ont pas accès à ces classes... Et qui voulaient bosser un peu plus en SECTION EURO. Evidemment, les mômes de nos banlieues sont des élites alors que les fils des politiques qui fréquentent l'Ecole Alsacienne de Paris par exemple, ne sont pas concernés. Voir le dernier numéro de ce magazine affreusement réactionnaire... Marianne. 

On respire vraiment... Merci aussi pour les établissements privés qui vont pouvoir développer leurs sections internationales et récupérer tous les enfants de parents aisés qui avaient encore confiance dans les collèges publics.

Les parents de chez nous, qui n'ont pas d'établissement international en vue, mais dont les enfants bénéficiaient de classes euro ont beaucoup aimé. 

Surtout que le soi-disant élitisme vient du MEN, puisqu'il a toujours refusé d'ouvrir d'autres classes (malgré les demandes qui affluaient et auraient permis de remplir 3 classes au lieu d'une chez nous). Donc les pourcentages qu'il donne sont truqués... Les chiffres sont faibles parce qu'il les a voulus faibles...

C'est une deuxième chose à rappeler : nous ne demandions pas mieux que d'étendre les classes euro dans notre établissement. Le MEN a toujours refusé d'ouvrir une deuxième classe. Les chiffres utilisés par le MEN sont donc des chiffres qui ne peuvent être décemment utilisés pour montrer le caractère élitiste de ces sections. C'est une petite manipulation grotesque... comme beaucoup d'autres 
Demain SCANDALE n°2 : la baisse dramatique des horaires consacrés au Français en 6ème !



Source : Néoprofs.


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Lu sur Néoprofs 

Elle s’appelle Marianne Urbanet. Agrégée d’italien, elle a fait toute sa carrière en Seine-Saint-Denis, douze ans au collège Jean-Lurçat de Saint-Denis, puis trois ans au collège Jean-Jaurès de Montreuil (93). Les classes bilangues et européennes, elle connaît. Pour l'enseignante, elles constituent une clé essentielle de la réussite de certains élèves dans des établissements qui, sans cela, seraient de véritables poudrières. Alors quand on les supprime au nom de l’égalité, quand elle entend sa ministre expliquer à la radio que ces classes sont des classes d’élite, Marianne voit rouge. [...] 
"Le meilleur de l'école républicaine"

Que la ministre dise clairement qu’elle veut faire des économies et qu’elle supprime des classes qui coûtent de l’argent. Au moins, ce sera clair ! Car aujourd'hui, le ministère a le culot d'expliquer que les heures en langue vivante vont augmenter. C’est une blague : aujourd’hui, sur l’ensemble d’une scolarité au collège, les élèves ont un total de 19 heures hebdomadaires de langues étrangères. Demain, si la réforme passe, ils en auront 19 h 30. 30 minutes de gain ! Et au passage, on supprime des classes qui ont fait leurs preuves, non pour faire des gosses de riches de parfaits bilingues, mais pour aider des élèves en difficulté, les motiver et leur offrir le meilleur de l’école républicaine. J’ai un ancien élève de Saint-Denis, par exemple, qui est entré à l’école de management de Grenoble, deux admissibles à Sciences Po, un qui est en prépa à Henri-IV…

Pour les établissements difficiles, ces classes sont indispensables : elles font partie de la diversification des parcours nécessaire pour que 100 % des élèves puissent suivre une scolarité dans le même collège. 

À Saint-Denis par exemple, il y avait deux classes bilangues, une classe sport études... Une preuve supplémentaire ? Où se situent aujourd'hui les classes bilangues et européennes en italien ? Il y en a une à Villon, porte de Vanves, un des établissements les plus difficiles de Paris, une à Pantin, une à Choisy, une à Saint-Ouen, trois à Montreuil... Qu’on arrête de dire que ce sont des classes de privilégiés !" (Réf.) 




Lycées bilingues : l’excellence en VO
"Enrichissons-nous de nos différences" : du mot de Paul Valéry, le lycée international Valbonne en a fait sa devise. Cet établissement public, situé près de Nice (06), prépare à l’OIB (option internationale du baccalauréat) dans des classes spécifiques baptisées sections internationales. Françoise Oros, présidente de l’API (Association des parents indépendants et de sections internationales) y a mis trois de ses enfants. "Les parents sont tellement demandeurs que deux collèges ont ouvert une section internationale dans la région et un troisième va prochainement en ouvrir une", annonce-t-elle. Par ailleurs, Vincent Cassel, Mathieu Kassowitz ou encore Guillaume Musso sont passés par Valbonne. Preuve que le bilinguisme doit sans doute favoriser la créativité ! 


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