Conseils pour l'oral du CAPES maths



Un must : il faut conserver son esprit critique et ne jamais croire sur parole. Il faut réfléchir, raisonner et expérimenter !


Bon courage dans vos préparations !

Comment s'entraîner au mieux en TD ?

On m'a posé la question de savoir comment il valait mieux faire préparer des oraux quand on anime des TD de préparation au concours. Voici quelques pistes que je désire partage avec vous.

Oh, toutes les solutions sont possibles, bien sûr, et offrent des avantages et des inconvénients. Les stoïciens diraient que toute chose possède deux anses, une par où on peut la porter et une par où on ne peut pas.

On peut présenter des leçons comme s'il s'agissait de cours magistraux, avec ou sans un vidéoprojecteur. Une bonne méthode consiste à demander à chacun de venir avec ses livres du secondaires, ceux qui les accompagneront le jour de l'oral, puis de réfléchir en salle sur la construction d'une leçon particulière seuls en ayant le droit d'échanger avec ses voisins, et en passant de l'un à l'autre pour orienter ou répondre à des questions.

Mais la forme qu'il vaut mieux selon moi privilégier compte tenu du petit nombre d'heures dont on dispose et de l'efficacité que l'on cherche à obtenir, c'est de demander aux étudiants de se partager les leçons à l'avance, de les préparer, puis de les présenter pendant une heure à la date prévue, dans la situation du concours, avec un vidéoprojecteur à sa disposition et avec l'ordinateur portable que l'étudiant aura apporté. Cette mise en situation, proche de la simulation, permet de s'habituer à :
      - prendre la parole en public,
      - organiser son exposé,
      - faire attention à ce que l'on dit,
      - gérer la phase d'entretien avec le jury.

C'est pendant l'entretien que beaucoup de choses se joue. Le jury dirige les affaires, et on se fait parfois traîner comme une masse. Ce n'est pas grave ! Il faut s'y habituer et trouver la façon de réagir pour conserver la tête hors de l'eau le plus longtemps possible.

Il faut apprendre à écouter. Il faut apprendre à répondre sobrement mais justement, quitte à devoir préciser son idée si le jury le demande. Il faut apprendre à répondre en un temps assez court, ne pas avoir peur d'écrire au tableau pour initier un raisonnement. Il faut rester honnête mais droit dans ses bottes. Tout cela est essentiel et fera la différence.

Bien sûr, on fera tout cela ensemble et dans la bonne humeur ! Il n'y a pas de fausse pudeur à avoir, on est tous dans la même galère ! On rassemble des connaissances sur un thème, on expose sa leçon, puis on se laisse ballotter comme une nef sur l'océan en essayant de répondre au mieux aux questions qui sont posées, les bonnes comme les mauvaises. Toute la salle de TD doit travailler ensemble et faire front : on s'entraîne, on s'épaule, on a confiance entre nous ! On construit ensemble.

D'ailleurs le formateur comme n'importe quel étudiant présent dans la salle qui aurait envie de jouer le rôle de jury, posera des question à l'orateur pour l'aider à s'épanouir, à trouver son chemin et ses réponses en accord avec son caractère.

Dans quel ordre le jury pose-t-il les questions ? 

En général, le jury d'oral pose ses questions dans l'ordre suivant :

      a) Des questions sur l'exposé lui-même 

Pour :
      - demander des précisions sur les pré-requis,
      - s'étonner du plan de l'exposé et demander des explications sur ses choix,
      - rectifier une erreur ou un lapsus,
      - demander des précisions,
      - découvrir comment le candidat réagit, ou pas, à une question sur son exposé,
     - faire prendre conscience d'une erreur grave pour permettre au candidat de se rattraper, comme par exemple une notion que l'on utilise mais qui est défini plus loin dans son exposé, ou une définition qui ne tient pas la route. Ou encore une erreur de raisonnement comme l'oubli d'une réciproque.

Les questions posées par le jury peuvent alors prendre des formes très différentes, et s'entraîner à y répondre permet de ne pas être désarçonné le jour J.

      b) Des questions générales sur le thème 

Cela permet de pister les connaissances réelles du candidat et son aptitude à les solliciter et les communiquer.

C'est là où l'on peut poser un petit exercice, demander quelque chose sur le programme d'une classe, demander comment on ferait dans sa classe, demander des précisions sur un théorème...

Si l'exposé est du type lycée ou collège seulement, c'est là où l'on va poser des questions du niveau licence où le candidat devra montrer qu'il maîtrise la notion comme un spécialiste des mathématiques qu'il est. Si l'exposé a été donné au niveau licence, le jury pourra demander ce qu'il faut retenir au niveau lycée ou collège, et comment on présenterait la notion à ces niveaux.

      c) Des questions ardues 

Si toutes les barrières précédentes ont été franchies, il reste « toutes les questions dont on se fout ». Ce sont des blagues.

Je veux dire que, s'il reste du temps, le jury peut poser une question difficile à laquelle il sera quasiment impossible de répondre sauf s'il s'agit de son thème de prédilection, et qui n'aura aucun impact sur la note. Cette question est posée pour voir si le candidat est honnête et jusqu'où va l'étendue de ses connaissances. Que répondra-t-il ? Cela donne aussi une idée sur son caractère, sur ce qu'il pourrait dire plus tard à l'n de ses élèves... S'il répond, on pourra le gratifier d'une note encore meilleure, mais il y a fort à parier que s'il ne répond pas, mais gère la situation avec intelligence, il conservera la note que le jury avait en tête, et qui devait déjà être très bonne !


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